2011 - L'Internet change-t-il le temps ?

"Les formes de la présence dans un monde (très) connecté"

 

Conférence de Marc Relieu

le jeudi 13 octobre 2011 à 18h30 à la bibliothèque de l'Alcazar - Marseille

 

Marc Relieu
Marc Relieu

La dichotomie absence-présence configure le sens que nous donnons aux technologies de communication, hier la lettre ou le téléphone, aujourd'hui les réseaux numériques. Elles ne peuvent être pensées que comme des ressources pour tenter de compenser l’impossibilité de se rencontrer, sans jamais être dotées de la capacité d'y suffire. Cet ordre normatif de la présence, enfoui mais toujours disponible, rend difficile d'accepter que des liens sociaux « forts » puissent se développer à distance, en l'absence de “rencontres”, ou encore que l'on puisse participer efficacement au déroulement des événements sociaux sans s'y engager complètement.

 

Le développement continu des technologies d'information et de communication, l'implication de personnes distantes dans les situations, le surcroît de sollicitation pose la question des formes de la présence dans l'ordre social (la présence étant entendue comme la capacité d'une personne à agir dans une situation, d'affecter et d'être affectée par celle-ci, médiées par les nouvelles technologies de l’information). La coprésence a longtemps constitué un idéal type de la présence, opposé à l’absence. Dans cette perspective, face à cette forme pleine et idéale que constitue la co-présence, toute autre configuration de participation ne peut être pensée qu'à travers la figure du manque. Cette conceptualisation traverse les approches profanes de l'action mais également bon nombre de théories sociologiques et anthropologiques. La présence et l'engagement focalisé apparaissent comme des prémisses au succès de l'action rationnelle, du plan ou des rituels, et les écarts engendrent diverses formes d'inquiétude. La dichotomie absence-présence configure également le sens que nous donnons aux technologies de communication, hier la lettre ou le téléphone, aujourd'hui les réseaux numériques. Elles ne peuvent être pensées que comme des ressources pour tenter de compenser l’impossibilité de se rencontrer, sans jamais être dotées de la capacité d'y suffire. Cet ordre normatif de la présence, enfoui mais toujours disponible, rend difficile d'accepter que des liens sociaux « forts » puissent se développer à distance, en l'absence de “rencontres”, ou encore que l'on puisse participer efficacement au déroulement des événements sociaux sans s'y engager complètement.

Peut-on malgré tout observer des formes variées de la présence et de la participation, et les penser sans que sans évaluer a priori leur pertinence et leur légitimité à l’aune de l'idéal type de la co-présence et l'engagement focalisé ?

 

>>> Pour en savoir plus sur Marc Relieu, voir biographie et références.


>>> Pour en savoir plus la thématique de la présence à l'ère du numérique, consulter la bibliographie sélective.

Entrée libre

Jeudi 13 octobre 2011 de 18h30 à 20h, salle de conférence de l’Alcazar

BMVR Alcazar, 58 cours Belsunce, 13001 Marseille